Pipistrelles 2016

emmanuelle radzyner

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Pipistrelles. Qu'est-ce que ce nom vous évoque ? Certainement pas de dangereuses créatures assoiffées de sang qui hantaient les contrées moyenâgeuses. C'est pourtant la réputation qu'avaient ces toutes petites chauves-souris dans des lieux comme celui-ci. Entourés de légende et de mystère, ces mammifères volants, autrefois associés aux vampires, sont particulièrement friands d'espaces sombres et humides pour nicher et se reproduire.

Lieu propice à un envol hitchcockien, les oubliettes ne pouvaient être habitées que par des êtres maudits, particulièrement mal perçus dans une société archaïque. C'est aussi de ça dont parle Emmanuelle Radzyner dans ses œuvres lorsqu'elle choisit de représenter corbeaux, chauve-souris et autres « oiseaux de mauvaise augure ». Elle aime à s’inspirer de créatures différentes, parfois incomprises qui, pourtant, peuvent nous offrir de magnifiques spectacles lors de rassemblements, déplacements ou mouvements. Un peu à l’image des artistes en fin de compte…

Mais ce n'est pas qu'une envolée qui nous est ici offerte, c'est également une progressive transformation. Originaire de la page de livre, l’animal crépusculaire se charge peu à peu de sa sombre teinte naturelle en se rapprochant du puits oublié. L'encre et le papier qui l'ont modelée envahissent ainsi l'espace d'une poésie palpable, suspendue entre l’air et le temps, tel un arrêt sur image d'une autre époque.

Sarah Saint-Pierre